Sénégal : Une Fraternité évangélique qui rappelle ses origines et sa mission

Posté le 25 septembre 2010 dans Actualité

;-) Source : Quotidien Le Soleil - Par Fara Sambe

Photo : leral.net

La Fraternité évangélique du Sénégal (Fes) est membre de l’Association des évangéliques d’Afrique, membre de l’Alliance évangélique universelle. C’est à travers cette « filiation » que le Pasteur Eloi Sobel Dogue explique la différence qu’il y a entre eux et d’autres chapelles qui commencent à foisonner au Sénégal, comme celle de Guédiawaye où se sont déroulé les incidents de la semaine dernière.

« Ils n’appartiennent pas à la fraternité », a dit le président de la Fes, le Pasteur Eloi Sobel Dogue, clôturant l’entretien qu’il a accordé à l’équipe du Soleil, en présence du Pasteur Moïse Diémé, leur secrétaire général. C’est pourquoi il s’est démarqué de certains agissements, notamment du prosélytisme et d’autres phénomènes de « nuisances sonores ». Bien qu’il maintienne que la mission d’une église est essentiellement de prêcher pour essayer d’amener les gens dans la foi.

C’est pourquoi, l’église est ouverte à tous, sans discrimination de sexe, de race ou de confession. Ce qui, chez eux, n’a rien à voir avec le prosélytisme, selon lui. « Car le prosélytisme, c’est lorsqu’on promet quelque chose en échange de la conversion », dit-il. Une pratique que la Fraternité évangélique s’interdit.

La Fes invite quiconque à venir assister aux offices de ses églises le dimanche matin. « Nous avons aussi des veillées de prières », reconnaît-il. C’est aussi tout naturellement que cela se passe en musique, en chantant et en battant des mains comme le recommande Dieu dans la Bible. C’est leur manière d’adorer, donc à ne pas considérer comme nuisances sonores.

Mais « nous demandons toujours une permission au niveau de la Préfecture pour nos manifestationspubliques et nous n’utilisons pas certaines sonorisations dépassant le niveau de décibels toléré pour nos veillées de prières », précise-t-il. Fort de cette distinction, Pasteur Eloi pense qu’à l’instar des commissions religieuses pour les catholiques et les musulmans, le ministère de l’Intérieur devrait s’occuper des évangéliques afin d’assainir, voire de réguler cet environnement. Ce nonobstant, comme le Sénégal est un pays laïc où la liberté de culte est consacrée, la seule chose qu’il consent à dire par rapport au centre évangélique de Guédiawaye, c’est qu’ils « n’appartiennent pas à la fraternité ».

La présence protestante au Sénégal remonte à 1882

Après s’être ému des incidents qui ont failli virer au drame dans cette localité, Eloi Dogue avertit : « J’ai reçu une formation à Jos au Nigéria, je sais donc de quoi il en retourne (les violences interreligieuses -ndlr). Prions pour que le Sénégal ne connaisse jamais ça », conclut-il avant d’ordonner la prière proprement dite par le Pasteur Moïse Diémé pour un Sénégal de paix et de concorde.

Pour être plus précis, le Pasteur Eloi Dogue fait remonter la présence des églises d’obédience protestante à l’époque coloniale, lorsque les missionnaires se sont installés.

Les premiers qu’il cite appartenaient à la mission protestante de Paris. « Ils se sont installés au Nord à Saint-Louis vers 1882 », dit-il. On signale également leur présence au Sud vers Sédhiou, comme l’indique l’épitaphe d’un missionnaire qui y est décédé très jeune, indique notre source.

Quant à la fraternité, « elle est née vers 1964 avec la Fédération des églises évangéliques qui englobait tous ceux qui se disent protestants. » Il y a eu, selon Eloi Dogue une séparation entre des courants protestants et évangéliques et le mouvement évangélique a été reconnu officiellement dans sa forme actuelle le 12 août 1968. Elle regroupe plusieurs missions qui ont donné naissance à l’église locale.

Leur but étant d’étendre la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, un mandat reçu du Seigneur Jésus Christ dans Mathieu 28 : « Allez et faites de toutes les nations des disciples ». Ainsi, les associations sont nées et se sont regroupées en alliances et en fédérations, à travers toute l’étendue du territoire. Plus tard, d’autres organisations d’obédience évangélique sont venues s’ajouter à cette grande famille qui regroupe aujourd’hui une cinquantaine de missions, chacune pouvant regrouper plusieurs organisations et églises.

Il s’y ajoute que d’autres sont là, mais ne sont pas affiliés à la fraternité, parce qu’elle a ses critères d’adhésion. « Une église ne sort pas ex nihilo », dit le Pasteur. Les missions sont mandatées par une église ou une agence missionnaire. Les nouveaux venus doivent ainsi déposer une demande d’adhésion auprès de la Fes, leur ordre de mission, une profession de foi, des statuts et un règlement intérieur, une déclaration de mission, l’adresse du siège de l’agence mère, un engagement de soutien et de rapatriement et un récépissé d’autorisation délivré par le ministère de l’Intérieur.

La cooptation n’est pas pour autant automatique. « La fraternité se donne d’abord un délai d’un an pour observer et prendre contact avec la mission mère », précise-t-il. Et ce n’est que sur la base du parrainage par l’une des structures existantes que l’Assemblée générale statue. La nouvelle mission peut alors être intégrée comme membre de la fraternité, parce que « véhiculant les mêmes principes et valeurs ».

Les trois buts poursuivis par la Fraternité

En se regroupant en 1968, ces organisations évangéliques poursuivaient trois buts, selon Pasteur Eloi. « D’abord s’unir en vue de l’édification et de la communion », dit-il, parce qu’à l’époque, ils étaient nombreux et éparpillés. Il s’agissait de former un bloc pour être plus visibles, pour s’accompagner dans les défis auxquels ils devaient faire face.

Ensuite, mieux s’organiser en vue de mieux évangéliser. Pas seulement pour répandre la parole de Jésus Christ, précise-t-il, puisque l’église a une approche holistique. « Partout où elle s’installe, elle aide également à établir des écoles, des postes de santé et à contribuer au développement local. Nous sommes convaincus, dit-il, que la gloire de Dieu, c’est l’homme debout dans son intégralité ».

Enfin, le but ultime est de maintenir et de défendre la foi évangélique. Il s’agit de lever les nombreuses confusions par rapport à l’église.

Pour le Pasteur Eloi, « l’église évangélique est constituée d’hommes et de femmes qui, ayant identifié personnellement le Seigneur Jésus Christ comme leur sauveur, se retrouvent pour offrir un culte de louanges et d’adoration ». Ce qui explique les amalgames dont sont victimes les Sénégalais. A l’origine d’ailleurs, on ne se retrouvait pas forcément dans des cathédrales ou autres édifices, mais dans la maison d’Untel (livre des apôtres).

Ainsi, « ecclésia » en grec signifiant simplement « appelés hors de ». Selon le président de la Fes, « l’église, c’est simplement là ou plusieurs personnes sont réunies, c’est cette communauté qui se rassemble pour nourrir sa foi ». Ce qui caractérise le lieu de culte, c’est l’adoration, la communion fraternelle, la sainte cène avec des hommes et des femmes qui se sont repentis de leurs péchés et se retrouvent autour de la coupe et du pain à partager. C’est une ordonnance du Seigneur Jésus Christ. Parce que c’est la Bible qui a le dernier mot : ce que Dieu a dit. Ce à quoi personne ne peut ni ajouter, ni retrancher quoi que ce soit.

y.


Une réponse à “Sénégal : Une Fraternité évangélique qui rappelle ses origines et sa mission”

  1. HOUNGBO dit :

    JE VOUDRAIS ME CORRESPONDRE 0 VOUS? JE SUIS PASTEUR A/D DU BENIN. JUSTE POUR UNE FRATERNITé

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