Les chrétiens face à la crise économique : « Le don doit faire partie de la vie des entreprises »

Posté le 28 juin 2012 dans Actualité

;-) Source : Famille ChrétienneBenjamin Coste / Info relayée par le CPDH

Et si la finalité d’une entreprise était également de donner ? En cette période de crise où les patrons cherchent à réduire leurs coûts pour continuer à faire des bénéfices, l’intuition de Chiara Lubich, la fondatrice du mouvement des Focolari, peut paraître incongrue. Ce n’est pas l’avis des vingt-deux entreprises françaises qui fonctionnent selon les principes évangéliques de l’économie de communion. José et Chantal Grevin, membres des Focolari, coordonnent l’économie de communion depuis 1996 en France. Ils nous en expliquent la philosophie, une philosophie du don.

Dans la période de crise que nous vivons actuellement, qu’apporte l’économie de communion ?
Pour le chef d’entreprise, elle permet une réconciliation profonde entre ses aspirations personnelles et sa vie professionnelle. L’économie a besoin de retrouver sa raison d’être : instaurer entre les hommes un lieu d’échange, et non un champ de bataille. Dans l’économie de communion, la relation est mise au premier plan avant les considérations purement mercantiles et intéressées. Le don est la forme suprême d’une relation qui ne cherche pas son propre intérêt.

Un exemple concret : un entrepreneur a finalement été payé plus que prévu par un client. Plutôt que de garder la différence pour lui, il a jugé bon de répercuter cette différence sur le sous-traitant qui a aidé à la réalisation de la commande. Ce dernier n’a pas manqué d’être surpris, car il est assez rare qu’un client vienne vous voir pour vous dire : « Finalement, je peux te payer plus » ! Mais ce geste, fait dans un esprit de justice, a créé entre eux une relation très forte, de pleine confiance, qui a induit de nouvelles actions très positives.

Par quels principes essentiels est-elle régie ?
L’économie de communion est née pour résoudre des problèmes de pauvreté au sein même du mouvement des Focolari. Elle a suscité des entreprises qui se donnent comme finalité le don.

Depuis deux ans, tout le monde parle de la crise économique et financière que nous traversons et qui a révélé les limites et les contradictions du système actuel. Parallèlement, bien des chefs d’entreprise chrétiens ont essayé de rendre cohérent leur engagement professionnel et leur foi. La plupart sont souvent restés au niveau d’une morale individuelle, qui les rend attentifs à leurs employés mais qui ne remet en cause ni les relations d’affaires, ni l’entreprise dans ses orientations ou sa finalité.

Avec l’économie de communion, cette finalité-même de l’entreprise est touchée. Si la finalité est de pouvoir partager, il faut d’abord produire des profits, non pas pour que ceux-ci soient redistribués aux propriétaires et aux actionnaires, mais pour en faire bénéficier bien d’autres personnes. Beaucoup cherchent à vivre leur foi dans leur vie professionnelle en disant : « Ne mélangeons pas les genres ! Les affaires sont les affaires ! » Ne pas vouloir écraser la concurrence mais, au contraire, faire que chacun trouve sa place sur le marché, voilà qui est très nouveau !

Un tel discours est-il audible en période de crise où seuls les plus forts s’en sortent ?
Le témoignage donné à travers l’économie de communion est radical, engageant. Il n’est pas forcément audible de tous. Certains soulignent la nécessité de mener des démarches prophétiques pour créer des brèches dans le système. Tout le monde n’est peut-être pas appelé à aller jusque-là.

Les vingt-deux entreprises engagées dans l’économie de communion en France
sont des PME, voire de très petites entreprises (les TPE qui comptent moins de dix salariés). Le monde des grandes entreprises est beaucoup plus complexe du fait que le capital et les bénéfices sont répartis. Mais, même là,  certains ont trouvé des moyens de s’inspirer  de l’économie de communion dans leur mode de management.

Un entrepreneur qui souhaiterait faire siennes les valeurs de l’économie de communion doit-il renoncer à toutes velléités d’enrichissement personnel ?
Un chef d’entreprise peut décider de donner une part de ses bénéfices une année et garder cet argent l’année suivante pour sa famille. Il n’y a pas de règles imposées. Ce n’est pas une dîme, un calcul systématique.

Ce qui est demandé aux chefs d’entreprise, c’est d’orienter leurs sociétés vers un don libre. Chaque année, le patron est invité à donner la part dont il sent qu’elle revient à Dieu. Bien entendu, les entreprises qui se lancent ou qui traversent des périodes difficiles ne donnent rien. Ce n’est pas pour cela qu’elles ne font plus de l’économie de communion. De notre côté, nous considérons cet engagement comme une vocation.

À qui sont destinés les dons réalisés par ces entreprises ?
L’économie de communion est née au sein du mouvement des Focolari. À travers lui, ont été aidées des personnes qui cherchaient à vivre de la spiritualité des Focolari dans des pays pauvres comme le Brésil. Depuis, nous ont rejoints des personnes qui soutiennent d’autres associations, des chefs d’entreprise d’autres mouvements qui veulent en soutenir les pauvres.

L’économie de communion est un témoignage du but qu’a donné Chiara Lubich, notre fondatrice, au mouvement des Focolari : qu’il n’y ait plus de pauvres parmi nous comme c’était le cas chez les premiers chrétiens. D’autres mouvements ont par la suite été intéressés par cette démarche, voyant qu’elle portait à l’amour évangélique et à l’unité.  

Avec l’économie de communion, parle-t-on d’un nouveau modèle économique ?
Nous nous plaçons dans le cadre du système existant mais l’économie de communion oriente totalement différemment la finalité d’une entreprise. Dans son encyclique Caritas in veritate, Benoit XVI dit que le don doit faire partie de la vie de toutes les entreprises, pas seulement d’un tiers secteur à but non lucratif. D’ailleurs, ce point n’a pas forcément été bien compris et certains ont pensé que le pape s’aventurait dans des eaux qui n’étaient pas les siennes.

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